mercredi 22 août 2012

Arg, ça m'énerve !




Y a pas mal de trucs contre lesquels je lutte, il y en a que j'aimerai partager.












La précocité en est un. 
Et j'ai sous le coude un article, ou plutot un billet, depuis un petit moment sur lequel je veux écrire.

J'avoue, en tant que blogueuse consciencieuse, je devrais appuyer mes arguments avec des références et toussa. Mais franchement, il fait chaud, cela fait presque une semaine que ce billet traîne, et j'aimerais vraiment en finir avec !

Alors je crois que vous allez devoir me croire sur parole ! Promis je ferais mieux la prochaine fois !

Voilà, Marie-Christine Gryson, psychologue clinicienne (enfin je n'ai pas vu ces diplômes !) fait un billet dans son blog sur la précocité, suite aux réactions d'un article de médiapart qui s'intitule  " L'école face à la petite noblesse des enfants surdoués"

Pour résumé, elle fait une "approche lucide du concept perverti de Précocité chez l'enfant".

Déjà les titres posent le décor ... Pour elle :
  1. Les enfants intelligents sont forcément premier de sa classe, et pour la majorité ils feront des études supérieurs. Est ce bon de rappeler le cas d'Einstein, qui refuse d'apprendre la biologie et les sciences humaines, et qui a ses diplômes de justesse car il a du mal à prendre des notes et à travailler de façon scolaire ?
  2. La précocité est un concept utilisé par les milieux aisés pour expliquer l'échec scolaire malgré l'intelligence des enfants. Les parents de milieux défavorisés baissent plus vite les bras pour des raisons de fatalisme social. Les parents de milieux défavorisés n'arrivent pas à avoir l'aide nécessaire car faire tester son enfant a un coût. Et ce qui va en découler aussi !
  3. Pour elle, il peut y avoir de nombreuses raisons à l'échec scolaire (pression familiale, quête affective, pédagogie inadaptée, agression entre enfants). Le test est passé, en première raison, parce que les parents trouvent leur enfant en avance.
  4. La précocité est la blessure narcissique de parents issus de catégories sociales favorisées. Mais bien sûr ...
  5. Le QI ne peut rendre compte de tous les aspects du potentiel intellectuel et en particulier de la créativité. Je ne savais pas qu'il fallait être intelligent pour être créatif !
  6. La précocité serait une idéologie à connotation eugéniste. Il faudrait pour ça trouver le gêne de la précocité !
  7. Elle pense que le psychologue (et ceux qui le suivent) n'a crée cette notion que pour remplir son cabinet (sous entendu ses poches !) C'est pas bien de dire du mal des autres quand on n'a pas eu l'idée la première !
  8. Il n'y a pas d'adulte précoce. Non c'est pour ça que l'on parle de haut potentiel !
  9. Se focaliser sur la précocité ne permet pas la prise en compte des autres éléments pathologiques à l'échec. Faux puisque la précocité s'accompagne souvent de troubles "dys" (dyslexie et autres) et la découverte de la précocité permet souvent de mieux accompagner, de trouver de meilleures solutions face à ces troubles. 
  10. L'amalgame entre enfants vraiment surdoués et enfants dits précoces s'ils s'avèrent en difficulté, ne s'est développée de manière spécifique que dans notre pays. Bien entendu puisque cette notion est mal connu dans notre pays. Dans la plupart des autres pays, les enfants sont pris en charge dès le test effectué (automatiquement aux USA !) et donc ne se trouvent pas en difficulté !
  11. En plus quand elle parle chiffre, elle ne donne aucune précision sur l'échelle qu'elle utilise. Il faut savoir que pour parler QI, en France, on utilise l'échelle de Weschler, outre atlantique on utilise l'échelle de Cattell (différence très bien expliqué ici ). 
Alors en quelques lignes, voilà ce qu'on peut retenir de ses arguments qui ne sont qu'un ramassis de croyance farfelue, qu'elle tente de démontrer grâce à des concepts pseudo psychologiques !

On estime à 5 % soit 700 000 la population d'enfants dits précoces, dont certains ne sont jamais détectés.

La précocité ou le haut potentiel, c'est une intelligence hors normes qui se caractérise par une curiosité insatiable, un traitement des informations en arborescence (cf  article sur le haut potentiel intellectuel chez l'adulte, publié sur le site suisse Migrosmagazine).
Ainsi que des caractéristiques émotionnelles comme l'hypersensibilité, l'empathie ou le refus de l'injustice. "Ce sont des personnes extrêmement réactives émotionnellement, très sensibles aux changements. Elles peuvent passer de l'exaltation à des phases de dépression totale" Jeanne Siaud-Facchin, "Trop intelligent pour être heureux ?" (éd; Odile Jacob).

La précocité fait partie, officiellement, de notre famille depuis bientôt 3 ans.
Lili Coquelicot était tellement malheureuse, elle avait des troubles du comportement qu'à force de recherche (les réponses de spécialiste étaient désolantes de freudisme !), j'ai supposé qu'elle pouvait être à haut potentiel. Et moi avec !

Pour elle, c'est une véritable souffrance.
Problèmes de comportement, se sentant différente des autres, aucun(e) ami(e), détestant l'école (et les résultats sont là pour nous le rappeler !), pense que sa "différence" est une maladie et n'en veut pas, n'est vraiment elle même qu'avec nous, d'une hypersensibilité extrême ...

Pour nous, ce sont des échecs.
Quand on a demandé de l'aide, ne plus trop savoir vers qui se tourner, refus ou indifférence de ces institutrices, incompréhension des adultes qui sont surpris par sa façon de s'exprimer ou par son humour, expliquer encore et toujours que certaines de ces réactions ne sont pas dû à un mauvais caractère (voir à une mauvaise éducation ...), la recherche constante de solution ...

Mais c'est aussi de la chance et plein de bonheur.
Une enfant qui comprend vite, qui cherche à comprendre, qui s'intéresse à beaucoup de choses, espiègle, pleine d'humour, qui connait  et pratique l'ironie, qui joue avec la langue en faisant des jeux de mots, qui aime des choses différentes, qui voit des détails et surtout qui apprend vite et beaucoup quand elle n'est pas à l'école !

Nous ne sommes pas une famille aisée comme le présuppose Mme Gryson. Nous n'avons pas cherché à faire le test parce que Lili avait des difficultés scolaires mais parce qu'elle avait des troubles du comportement (qui se sont apaisés quand on l'a changé d'école et qu'elle s'est enfin trouvé face à des adultes compréhensifs !)

Nous avons bien entendu éliminé toutes les autres pistes avant : en premier une possible bipolarité juvénile. Et forcément, nous savions que la souffrance d'avoir une maman malade était un facteur dans son mal être, et que donc la précocité n'expliquait pas tout !

Son échec scolaire n'est pas expliqué par sa précocité mais c'est bien l'école qui ne s'adapte pas du tout à sa "différence" qui fait qu'elle est en échec scolaire. On parle de plus en plus de déscolarisation à la maison.

Ce qui m'énerve vraiment dans ce discours, c'est qu'il est tenu par quelqu'un qui est supposé connaître le sujet. Et elle confond : la douance et le génie, les échelles de QI.

Elle répand et conforte des préjugés que nous combattons tous les jours, et pour une petite Lili Coquelicot ce n'est pas toujours facile ...

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