mercredi 29 août 2012

Attention les emplois jeunes font leur come-back !

On entend de nouveau parler des emplois-jeunes,  la comparaison étant évidente avec les emplois d'avenir qui vont être créer.








Le Monde a interviewé des personnes qui ont été emplois-jeunes et qui ont réussi à faire carrière dont : 
 Yann Bourseguin n'a, en 1999, qu'une licence de psychologie "ne débouchant sur rien" selon lui, et le RMI pour revenu, lorsqu'il saisit la seule opportunité qui se présente : un emploi-jeune au Centre de formation des apprentis du Mans. Treize années plus tard, à 40 ans, le voilà adjoint au maire de Blois chargé de l'éducation, vice-président (PS) de la région Centre

Les autres personnes interrogées s'en sortent aussi très bien. Merci pour eux !

Je me souviens combien ce procédé a été décrié à l'époque. Mis en place en 1997 par le gouvernement de Mr Jospin, ces contrats aidés étaient des CDD de 5 ans.
Je me souviens des interrogations face à cette mesure, mais surtout des opposants. On entendait partout que :

  1. cela ne servirait à rien, 
  2. c'était une fausse mesure, 
  3. un cache misère au chômage, 
  4. cela ne déboucherai sur rien, 
  5. ça coûterai beaucoup d'argent
  6. après 5 ans, les jeunes se trouveraient de nouveau au chômage
  7. on envoyait des jeunes dans des voies sans avenir

J'ai été emploi-jeune. Je n'avais que mon bac en poche, ayant lamentablement planté mes années de fac !
Je ne savais pas trop quoi faire de ma vie. Je commençais juste à découvrir l'animation comme un vrai métier.

J'ai postulé à une annonce pour un emploi-jeune en tant qu'aide-éducatrice dans l'éducation nationale.
Ma fiche de poste était pleine de mot compliqué pour essayer de combler le manque d'informations concrètes sur mes missions !

J'ai été nommé dans une petite école maternelle et primaire d'un village du Berry (connu pour son vin : Quincy !). Une particularité était que cette école accueillait des enfants du voyage, plus ou moins sédentarisés pour certains.

La directrice de l'école avait de nombreux projets en tête, l'envie de faire bouger les choses, d'un dynamisme à toute épreuve. D'ailleurs le peu de projets qu'elle avait réussi à réaliser étaient de franc succès (la brocante du village, organisée par les parents d'élèves, est désormais une institution pour tous les chineurs de la région).

Elle avait donc réussi à faire nommer 2 emplois-jeunes pour une école qui devait réunir tout au plus 80 élèves (de mémoire).

Cette envie, ce dynamisme, elle nous l'a communiqué. Elle nous faisait entièrement confiance, et j'ai pu faire un tas de choses (je vous passe les détails !).

Et surtout, j'ai pu entrer en formation. 
Bon le diplôme était très difficile à obtenir, s'adressant plutôt à des animateurs chevronnés voulant monter en grade, et coûtait environ 55 000 francs !! J'ai dû batailler pendant un an pour le faire financer !

Ces emplois, tant décriés par une droite qui n'en avait pas eu l'idée, ont été un vrai tremplin pour beaucoup.
les emplois jeunes ont permis à leurs bénéficiaires de s'insérer durablement sur le marché du travail. Un an et demi après la fin de leur contrat, neuf bénéficiaires sur dix étaient en emploi et sept sur dix en CDI. Les trois-quarts d'entre eux considèrent que l'expérience acquise dans le cadre de leur emploi jeune a été un "atout". (statistiques du ministère du Travail (Dares) publiée en 2006,)
Bien sûr il y a eu des abus, ne se voilons pas la face.

D'après certains, cela a dévalorisé les diplômes puisque nombreux emploi-jeunes ont été embauché pour mille euros en ayant bac+2. Alors que ces emplois s'adressaient majoritairement à des jeunes sans diplôme.
Dans ce cas, il faudrait plutôt se poser la question : pourquoi des bac+2 ont postulé à ce genre d'emploi ?

Je ne connais pas tout le dispositif des emplois d'avenir mais ils sont manifestement semblables à leur ancêtre emploi-jeune.
On entend de nouveau les roquets aboyés sur la caravane des contrats aidés ! Et avec les mêmes arguments en plus ! Il n'ont même pas pris le temps de réfléchir à une autre contre attaque !
On prend les mêmes et on recommence ...

J'ai du mal à comprendre ces critiques, puisque d'après des études, ces emplois-jeunes ont été profitables et ont permis l'embauche et la formation de nombreuses personnes.
Le coût ? On ne peut faire d'omelette sans casser des oeufs, dirait ma mère. Il faut savoir dépenser un peu pour récolter un jour le fruit de son travail !

Alors si on laissait une chance à cette ambulance avant de lui tirer dessus ?

2 commentaires: