Qui se confinent -8 (mais le billet n'a rien à voir !)

Nicolas m'a fait remarqué que je ne disais pas forcément des choses personnelles dans ce blog. 


Et pourtant si j'en disais peu, je pouvais en dire des beaucoup plus intimes que lui.
Quand je vois la teneur de certains de ses billets, je me dis oui ... et non !
Il ne serait pas capable de dire qu'il ne se lave pas pendant plusieurs jours, mais il est capable de nous raconter une anecdote sur le fait qu'il a eu un accident de vessie ! Ce dont je serais, je crois incapable.
On a donc une intimité non dévoilée qui nous est propre, et toute relative par rapport à je ne sais quoi.

En tout cas, je me questionne depuis le début que j'écris ici : jusqu'où je vais, de quoi es tu capable de parler ?
Je sais que je m'auto censure énormément.
Pour plusieurs raisons : 
Parce que je pense que ça n'intéresse pas. Et que même si je pose ici des mots et des maux aussi pour moi, j'espère quand même être un minimum lu. Et cela m'ennuierait de vous faire chier. Après vous n'êtes pas obligé de me lire, mais comme je l'ai dit quelques lignes plus haut ...

Je ne souhaite pas faire pleurer dans les chaumières. Vraiment. Je sais que ce qu'il m'est arrivé, et qu'il m'arrive encore, sont des trucs très difficiles à vivre, mais je ne pose jamais comme victime (ce qui pose un problème d'ailleurs !). 
Mais si je les raconte, ce n'est vraiment pas pour qu'on me plaigne. Si je les écris, c'est dans le but égoïste de me faire du bien (enfin je crois), et aussi dans un but de partage. Si je peux aider d'autres, leur faire comprendre que malgré l'adversité on peut s'en sortir, en rire, et bien j'aurais réussi quelque chose avec ce blog !

Je ne souhaite pas que l'on est une mauvaise image de moi. Alors oui, je sais, qu'est ce que j'en ai à foutre de ce que pense les autres ? Surtout qu'à la base je ne suis même pas censé vous connaître ! Hélas, je n'arrive pas encore à me défaire de ce défaut. Comme je pense que physiquement je ne vaux rien, je me dis qu'il faut que je me rattrape sur mon esprit.
J'ai toujours été dans la représentation. Pour moi la vie n'est qu'une immense scène où je joue une pièce, avec un personnage différent à chaque fois que je rencontre quelqu'un ou une situation différents.
Comme vous tous, vous allez me dire. Surement. 
Mais lorsqu'on doit cacher des choses dès son plus jeune âge à tout le monde, ça change la donne je crois. 
Quand dans votre foyer, vous vivez dans la peur, et qu'en dehors vous arrivez à faire croire que vous êtes totalement heureuse, ça vous apprend à porter un masque. Et quand en dehors de votre foyer l'homme que vous détestez est reconnu, estimé et gratifié d'éloge, là ça vous apprend à retenir toutes vos émotions.
En l’occurrence mon père, bipolaire non stabilisé, qui à cause de sa maladie, buvait et cognait sur ma mère.
J'ai fait partie de ces foyers où l'on jouait la comédie (et cet expression est lourde de sens). Où les murs enfermaient de lourds secrets qui n'ont été révélé qu'à demi mot !

J'ai donc appris dès mon plus jeune âge, à mentir, à faire comme si, à afficher un sourire. 
Mais aussi à ne pas demander d'aide. Ma mère se "débrouillait" seule. Plusieurs fois, j'ai voulu faire intervenir quelqu'un (la police entre autre), mais elle n'a jamais voulu. Il ne m'a jamais été dit directement qu'il ne fallait pas en parler, mais je l'ai intégré inconsciemment. Et avec, que dans la vie, on se débrouillait seul.
Je l'ai encore plus pris dans la gueule quand j'ai parlé de ce que mon frère m'avait fait, et que personne n'a réagi. Ou en tout cas, pas en ma faveur !

Grâce et à cause de tout ça, j'ai toujours réussi à afficher un sourire même quand j'étais en dépression et qu'on allait voir mes beaux parents.
J'ai toujours tenu la maison toute seule, et subi la charge mentale. Et je reconnais que c'est de ma faute si Gots n'a pas "appris" à prendre en charge le foyer. Je ne lui ai pas laissé la place de le faire, et quand j'ai réussi, au bout de 15 ans, à demander de l'aide, il était trop tard, ou on ne s'est pas compris ou je n'ai pas su m'y prendre ou ... bref, ça n'a pas marché !

J'ai toujours joué le rôle de la petite grosse rigolote, plutôt intelligente. Je me suis forgée une carapace pour qu'on aille pas voir plus loin, je n'ai jamais laissé personne (même pas moi) voir qui j'étais vraiment. Je joue ce rôle depuis tellement longtemps !
C'est depuis que je suis stable, que je maigris (j'enlève peu à peu ma carapace) que j'essaie de découvrir qui je suis vraiment.
Et cela pose pas mal de questions. Je découvre des choses, et j'aimerais vous les faire partager.

Commentaires

  1. Tu as raison d'écrire. Nous n'avons pas les mêmes raisons, je ne vais pas faire de la psychologie sur le sujet, je serais mauvais.

    Je ne raconte pas mes accidents de vessie, je raconte des trucs drôles. Je n'ai aucun mal à dire que je suis parti du bistro en oubliant d'aller pisser... Contrairement à ce qu'on pense, cela n'a rien d'intime. Cela n'a aucune espèce d'importance et je suis du genre à penser qu'aucun sujet n'a la moindre importance au point de devoir être secret à un point qu'on n'ose pas le raconter.

    Nous ne sommes pas égaux. Depuis le temps que je blogue, je suis devenu une espèce de personnage et il est normale que je n'ai pas le temps d'ouvrir ma braguette avant de pisser en rentrant chez moi. Dans mon avant-dernier billet sur le blog politique, je raconte mes difficultés à faire des courses. Il va avoir 500 lecteurs. Toi, tu es toi, tu es notre copine (et je n'oublierai jamais que tu es venue de Blois uniquement pour boire un coup avec nous). Tu nous dis ce que tu as envie de dire, ce que tu juges utile, pour toi, de nous dire. Tu racontes au grand public des trucs qui sembleraient devoir être confidentiels et tu as raison car ils n'ont d'importance que pour celui qui écrit et celui qui a de l'affection pour le lecteur.

    Nous ne sommes pas égaux, disais-je, mais ça n'a aucune espèce d'importance et si une fois tu racontes que tu as commencé à pisser avant d'arriver à ouvrir la porte d'entrée, tous tes lecteurs rigoleront. Tu peux raconter les mêmes conneries que moi... Par contre, nous ne sommes pas égaux, tu ne peux pas raconter comment tu fais tes courses tous les jours, je le peux. Mais on s'en fout.

    J'ai bien conscience de ne répondre qu'à une phrase de ton billet. Celle sur les blogs, sujet que je connais un peu. Mais j'ai tout lu.

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    1. Et cette réponse me touche. Car crois le ou non, j'ai toujours cru, même si je sais que vous m'aimez bien, d'être un peu à part car je ne blogue pas politique. Je ne me plains pas, jamais. Mais, et j'en parlerais surement dans un autre billet (j'ai déjà survolé le sujet), j'ai un sacré complexe d'infériorité.
      Par ton premier commentaire, et celui-ci, tu me donnes envie de m'assumer en tant que blogueuse à part entière. Encore une étape dans ma construction ! Merci : je te dois mes lecteurs-amis (car moi je n'oublierai jamais que grâce à ma visite à Tours, j'ai gagné ton amitié et un lien dans un de tes billets), et maintenant cette nouvelle envie de bloguer un peu différemment ! La bise !

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    2. La bise, oui, mais on se fout des blogs politiques. Les gens derrière ne sont pas des politiciens.

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  2. Et bien moi aussi, j'ai tout lu.
    Y compris les commentaires de Nicolas qui sont touchants.

    A cette heure indue,j'ai sans doute une peu de mal à trouver les mots.
    Moi aussi,je me sens loin des blogs de Nicolas que je ne lis que très irrégulièrement, mais bon... C'est quand même par son intermédiaire que je suis tombée sur ton blog que j'aime bien lire.

    Mon blog aussi n'a rien à voir avec la politique... Et alors?
    Quand j'ai commencé à bloguer, en 2011, c'est parce que j'avais essentiellement envie de parlé et de partager ce que je créais en poteries
    ... Mais je savais aussi que j'aurais possiblement envie de parler d'autres sujets, d'où le nom de mon blog.
    (Aïe, je sens que je vais déborder au point de faire presque un article dans un commentaire)
    Bref tout ça pour dire que un blog ça reste un truc personnel qu'on a envie de partager. C'est le plaisir d'écrire... Ou de coucher des mots sur le papier en espérant parfois que telle une bouée à la mer qqun la trouvera avec l'émotion que le billet contiendra : de la drôlerie ,de la poésie, de la tristesse, de la douleur, de l'éphémère, bref, ce qu'on veut.

    Dans ce que tu racontes, moi, je lis une femme courageuse qui n'a peut-être pas conscience de cela.

    Et je suis bien contente de t'avoir croisée ici... Et en vrai!

    On ne se connait certes pas bien, mais je te regarde du coin de l'œil... (Bon,,pas tout le temps,hein, ne rêve pas,mais de temps à autre...)

    La bise!

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    1. Comment ça, tu ne lis pas tous mes billets ? (smiley, je dois reconnaître que je vois tous les tiens mais la poterie m'importe peu...).

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    2. Merci à toi aussi.
      J'ai toujours écrit des choses très personnelles mais je ne l'avais jamais montré jusqu'à présent. Je crois que si je le fais aujourd'hui, c'est que je commence à ne plus avoir peur du regard des autres (bon c'est pas encore ça dans la vraie vie, mais j'y travaille !), et cela veut dire beaucoup pour moi.
      Et je suis reconnaissante à ce blog de m'avoir permis de rencontrer pleins de gens formidables qui font partie de ma vie désormais. Et tu en fais partie, de ces gens formidables, je te l'assure ! J'aime tellement ce que tu fais entre autre !
      La bise à toi aussi.

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    3. Il faut donc qu'Amy participe à notre prochaine visioconférence de blogueurs (même si c'est un peu chiant pour ceux que la politique intéresse peu. Il n'empêche que la taulière s'est lancée...

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    4. En plus maintenant qu'elle sait que j'y suis, toi et Elodie : ça fait le même nombre de personne que je connaissais au départ !! Ah si y a Fred et Ronald aussi que je connaissais. Mais c'est tout ! C'est juste rigolo de voir du monde, discuter de choses qui m'intéressent même si je n'y connais plus rien. Ça me permet de développer mon esprit critique, de découvrir de nouvelles idées, de rigoler et de boire un coup dans culpabiliser !!

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    5. Et en plus, Nicolas lis tous les commentaires.
      Merci pour l'invitation, mais je confirme que je ne viendrai sans doute pas!

      J'ai failli écrire ce matin... Mais le boulot m'a rattrapé. Et l'envie est partie.

      Une autre fois!

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