lundi 6 août 2012

Censure, double peine ou réhabilitation ?

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Bertrand Cantat invité au concert d'Amadou et Mariam. 

Personne n'était prévenu.






J'ai vécu dans le sud ouest pendant quelques années, et je ne sais pas pourquoi, mais je regarde encore de temps en temps les infos régionales. C'est comme ça que je suis tombée sur cette info
Bon elle date de la semaine dernière mais je ne les regarde pas régulièrement.

Dans le cadre d'un festival, Amadou et Mariam ont donné un concert. Ils avaient invité Bertrand Cantat, qui a collaboré sur leur album, a chanté pendant trois chansons.

Manifestement le président du festival n'a été prévenu que samedi en fin de journée, et le conseil municipal (subventions obligent) pas du tout.
Le mardi suivant, lors du conseil municipal, il y a eu du remue ménage !

Le maire de Langon et un conseiller de l'opposition ont dit tout leur mécontentement, et plus ! 
Un autre conseiller a lui donné un avis contraire en disant que l'on devait participé à la réinsertion d'un homme.

Et le journaliste de conclure en posant deux questions : faut-il différencier l'homme de l'artiste, et, faut-il lui infliger une double peine ?

On connait tous l'histoire, ou du moins ce qu'on a pu en lire dans les journaux. C'était en 2003, et pourtant 9 ans après, cela déchaîne toujours autant les passions. 

Si cela n'avait pas été un personnage public, cela passerait pour un tragique fait divers mais hélas assez banal.
Un homme frappe sa femme et la tue. Sorti de prison, il tente de retrouver une place dans la société.

J'avoue que jusqu'à présent ma position allait en faveur de Bertrand Cantat. Je pensais qu'il avait payé sa dette en effectuant sa peine de prison, et qu'il avait tout à fait le droit de remonter sur scène, puisque c'était son métier. 

Fan de Noir Désir, j'avais donc été déçue en apprenant leur séparation, et je pensais qu'après toutes les épreuves vécues par B. Cantat, celle-ci signifiait la fin de sa vie publique.

Les évènements qui suivirent allaient dans ce sens : il était devenu persona non grata.

Mais dernièrement des évènements ont commencé à prouver que j'avais tort.
En plus de sa collaboration à l'album d'Amadou et Mariam, il a aussi participé sur un titre des Shaka Ponk (que j'écoute en boucle !), sorti aussi cette année.

Et hier, lors d'une émission, j'ai appris qu'il préparait un album solo.

Je l'ai dit, je trouvais cette censure vis à vis de Cantat limite injuste. Et j'ai dû mal, par rapport à mes convictions, à ne pas donner la possibilité de se réinsérer.

Mais c'est vrai que si on se met à la place de la famille, comment réagir, si à chaque fois que j'ouvre un média, je vois ou entends l'homme qui a tué un être cher ?

J'aime ce que fait l'artiste mais je ne souhaite pas que la douleur de la famille soit ravivé à cause de sa vie publique.

Franchement, je ne saurais conclure. Je me pose encore beaucoup de questions





4 commentaires:

  1. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Finalement, contre toute attente, il semblerait qu'il soit plus difficile pour un personnage public, coupable d'un tel crime, de se réinsérer qu'une personne lambda.
    Et ça ne permet pas de conclure, tu as raison.

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    1. Ses premières tentatives avaient fait du bruit de la part de la famille. Là rien, peut être qu'il y a eu comme un accord.

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  2. Puisque nous avons besoin des Autres pour vivre ou pour tout simplement exister, je vais essayer, à l'aide de mes mots, vous aider dans votre réflexion.

    "Faut-il distinguer l'Homme de l'Artiste ?" : ils en sont encore là 9 ans après !
    Cela veut dire que tout le monde n'arrive pas encore à répondre à cette question. Laissons le Temps au Temps d'adoucir les choses pour certains d'entre Nous ! (Voir Le Nouvel Observateur : Nouvel Album de Bertrand Cantat, en 2013...)

    Vous irez voir aussi l'Article de Jean-Pierre Martel "Quand Trop est assez", d'avril 2011, suite aux ravages de la participation de Cantat dans la Trilogie des Femmes de Mouawad, à Montréal. C'est l'Article le plus touchant que j'aie trouvé : il nous permet d'aller encore plus loin dans la Réflexion.

    En même temps, je pense à l'Article de Monsieur Savignac "Et dire que Cantat nous lit" pose de nombreuses questions auxquelles j'ai essayé de répondre.

    "Faut-il distinguer l'Homme de l'Artiste ?" : D'après Moi, on le peut, toutefois en gardant à l'Esprit que tout Artiste ne peut être un Artiste sans être déjà un Homme.

    En conlusion, je poserais cette question :"Et ce sont peut-être les expériences de l'Homme qui font que l'Homme devient Artiste ?..."

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    1. Merci pour ce commentaire.
      Votre conclusion me rappelle le concept du poète maudit : il faut être malheureux pour bien écrire. Là il faudrait faire ou avoir des expériences pour être un artiste. Je ne crois pas, parfois il suffit juste d'avoir une sensibilité différente, une envie ou de la chance ...
      Je vais m'empresser de lire les articles que vous me conseillez et peut être arriverai-je à me faire une opinion plus tranchée sur le "cas" Cantat.

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