vendredi 17 août 2012

Le prix de l'essence n'est pas encore assez cher ...



Je viens de lire qu'un homme, allocataire du RSA, s'était immolé par le feu. 





On venait de lui suspendre le dit RSA, et cela faisait quatre fois qu'on lui demandait des pièces justificatives.

Ça me révolte. Comme tout le monde, comme vous.
Bien sûr, j'éprouve de l'empathie, et c'est bien normal.
Je me sens aussi assez proche de ces situations de précarité, puisque j'y ai goûté moi même. 

Mais ce qui m'écoeure le plus, ce sont les discours que je peux entendre autour de moi sur les chômeurs indemnisés. Bien entendu, il vont se confondre en niaiseries sur le malheur des gens, mais on arrive toujours à un autre genre de discours :
"quand même si on attrapait tous ces fraudeurs (pas forcément basané d'ailleurs), on pourrait mieux aider les autres. Et puis à aider on fait une société d'assisté(e)s. Parce que, quand même, on peut pas payer pour tout le monde."

Ce genre de discours me fait vomir.
Parce que ces gens bien pensants s'étiquettent, parfois, de gauche (bon c'est pas ça le pire, quoi que !), et ne s'aperçoivent pas que leurs paroles sont discriminatoires, limite racistes.

Qu'ils n'ont jamais mis les pieds aux ASSEDICS (même pour voir), ne savent pas ce que c'est que le chômage (même pour leurs enfants), ne connaissent personne dans une situation précaire.

Mais vous savez c'est le fraudeur qui vole l'argent des indemnités des "bons" français, et qui travaille au noir, ou qui trafique, dont la femme touche les allocs pour 8 gamins ...

Le profiteur du système qui ne veut pas bosser puisqu'il gagne bien mieux sa vie comme ça.
Ils en parlent tous, mais ne l'ont jamais vu : une chimère ou le dahut !

Et pendant que tous ces gens-là se focalisent sur une (toute) petite partie de la population qui fraude, il y en a  une partie beaucoup plus nombreuse qui souffre, qui se bat contre les autres, l'administration, elle même.
Des gens qui n'en peuvent plus de cette situation, qui souhaiteraient plus que tout en sortir.

Majorité silencieuse aux oreilles de ces gens qui pensent détenir la bonne parole et la vérité.

Alors bien sûr, ils vont me dire oui mais là c'est différent. Lui il essayait de s'en sortir, il en avait vraiment besoin.

Ben oui, mais le problème c'est qu'à force de faire des généralités on n'en oublie la personne.

A force de parler d'une partie du problème, on arrive à en oublier le gros du problème : la souffrance.







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