samedi 7 janvier 2017

Qui sont perdues






La raison me dicte d’être sage, raisonnable. 






Un métier ne peut être qu'un boulot après tout.
Mon cœur  refuse de s’y soumettre. Mon corps aussi. Tout déconne depuis quelques temps.

On pourra me reprocher mon ambition. L’ambition de devenir quelqu'un. De vouloir laisser une trace. Voir de réaliser mes rêves.

Le temps presse. Empêchée jusqu'à aujourd'hui, désormais le temps manque.
La confiance en moi manque, celle des autres aussi.
Ma vie donne l'impression d’une succession d’échec et d’abandon. Et je n’en suis pas fière. Et j'ai bien peur que les gens ne voient que ça. Qu’on ne me donne pas cette dernière chance. Parce que j'ai trop déçu. Même moi j'ai dû mal à croire en moi.
Plus le droit à l'erreur.

Les envies sont là, mais peut on avancer qu’avec ses envies? On ne va peut-être pas bien loin.

J’aimerai savoir me résigner tout doucement, sans faire de vague.
Peut-être que je ne suis pas faite pour une vie tranquille même avec les médicaments.
Faire des compromis ?
Ils vous mènent sur un chemin sans passion.Ils m’ont menée à cette situation.
Se ranger à l’avis des autres, des êtres chers pour tenter d’être celle qu’on voulait que je sois, pour être aimer.
Ne plus savoir qui on est vraiment. Ne plus prendre de décision sans l’aval des autres.Être dépendante du moindre encouragement, mot gentil. Et détruite par la plus petite remarque désobligeante.

Mon père m’offrait des cadeaux après ses crises. Pour tenter de m’amadouer, faire tomber ma colère, regagner mon amour.
Je me souviens de cette colère, cette rage. J’imagine celles des gens qui m’aiment. Je peux comprendre qu’on pense que je ne suis capable de rien.

Mais j'ai toujours la rage. Montrer de quoi je suis capable. Le mieux parce que le pire est déjà fait.
Me construire jusqu'au bout.
Mon dernier défi peut-être. Après la bête sera calmée, d’avoir pris autant de revanche sur cette putain de vie.